Thierry

50 ans, né à Marseille

Série d’interviews des pratiquants d’aïkivudao. Chacun s’est prêté à un jeu de questions-réponses afin de présenter son parcours dans les arts martiaux et dans l’aïkivudao.

– Quand as tu commencé l’aikido/aikivudao ?
J’ai commencé la pratique de l’aikibudo de Jean Pierre (aikivudao) courant 1987

Qu’est ce qui t’as emmené à pratiquer ?
Deux copains de classes en 1ere S parlaient aikibudo. J’avais fait 6 mois d’aïkido traditionnel avec M Mercier et je n’avais pas du tout accroché à cette pratique. Ils m’ont proposé de venir essayer à l’AKA Club (10ème arrondissement de Marseille). J’y suis allé.

– Pourquoi l’aïkido/aikivudao ?
Parce que j’avais essayé l’aïkido traditionnel dont j’aimais les techniques mais pas la pratique et que j’ai pu essayer l’enseignement de Jean Pierre et du coup découvrir un art martial rugueux, guerrier, qui correspondait à mes recherches.

– Comment se sont passé tes premiers cours, quel âge avais-tu ?
Mes premiers cours se sont très bien passés. J’ai très bien été accueilli par les gradés, très bien été accompagné. Je venais d’avoir 17 ans.

– As tu déjà pratique d’autres arts martiaux, lesquels et combien de temps ?
Comme je l’ai dit précédemment, j’avais pratiqué 6 mois l’aïkido traditionnel.

– As-tu déjà pratique d’autre sports, lesquels et combien de temps ?
Du handball pendant 1 an

– Que penses-tu de l’aïkido moderne ?
L’aïkido moderne ne l’est pas. Un art de la guerre est par définition au plus près de la modernité, en perpétuelle mutation. Les Ryu auraient fait évoluer leur pratique depuis 130 ans si elles n’avaient pas disparu. Nous avons dans les arts martiaux « traditionnels » une photographie d’il y a plus d’un siècle. S’il n’y a pas de compétition pour constituer une motivation, comme c’est le cas en aïkido, il ne rencontrera pas son public dans le futur.

– Pourquoi continuer à pratiquer ? Qu’est-ce que ça t’apporte ? Dans la vie en général ?
Pour prolonger l’école de mon maitre, Jean Pierre Rouvière. Je ne suis plus actuellement dans une pratique de l’aïkibudo JPR, mais je sais pourquoi j’y étais entré : pour le combat. Et bien sûr, cela m’a appris à bien gérer un combat, mais ce que l’aïkibudo JPR m’a le plus appris, c’est la maitrise de soi et éviter le combat, ce qui m’a finalement plus servi dans ma vie …

– Quels sont les meilleurs moments vécus à l’aikivudao ?
Mes 15 premières années de pratique, où personne n’hésitait à s’investir physiquement à fond dans les randoris, personne ne se cachait derrière une excuse fragile pour ne pas s’investir.

– Quels furent les moments les plus difficiles ?
L’aïkibudo JPR était un des piliers majeurs de ma vie. Ce qui a été dur c’est, à partir d’un certain niveau (2ème dan), de ne plus trouver de chemin de progression. Même si je m’investissais dans tout ce que je pouvais (principalement technique et pédagogie), il n’y avait plus de contenu établi dans la pratique.
Ensuite, fut le moment de l’Avc de mon maitre.
Le troisième moment difficile a été, après une interruption de quelques années, de voir une dégradation nette dans le niveau de pratique des nouveaux gradés.

– Comment vois tu ton évolution dans l’aikivudao (enseigner, progresser, passer des grades, ouvrir une salle, faire des stages en donner, …)
Je ne sais pas. Je dirais essentiellement reprendre mon niveau, et éventuellement m’investir à introduire de nouvelles techniques, dans l’esprit de grande ouverture de notre maître.

– Quels sont les maitres d’arts martiaux qui t’inspirent le plus ?
Ce ne sont pas des maitres d’art martiaux japonais, voire des individus tout court : Franck Roppers, Fred Mastro, Hugo Tronche.

– Quels sont les maîtres d’aïkido qui t’inspirent le plus ?
Aucun maitre d’aïkido ne m’inspire actuellement.

– Comment t’imagines-tu dans plusieurs années ? Encore pratiquant ?
Toujours dans la fédération, par fidélité envers mon maître et aussi par fidélité envers notre DTN actuel.
Je ne sais pas si je serai encore pratiquant. La vie me le dira.

– Crois tu que les arts martiaux donnent un « pouvoir supplémentaire » ?…
Oui. Un grand pouvoir : celui de se contrôler et de ne pas se battre, sauf poussé au-delà des limites (et encore …)